La Piazza en fête avec 18 films
Les films présentés au public de la PIAZZA GRANDE
1. ANY WAY THE WIND BLOWS
de Tom Barman – Belgique – 127 min
avec Franck Vercruyssen, Diane De Belder, Eric Kloeck, Natali Broods,
Production: Corridor
Droits internationaux: Films Distribution
PREMIERE MONDIALE
2. ÅRET GJENNOM BØRFJORD (A YEAR ALONG THE ABANDONED ROAD)
de Morten Skallerud – Norvège - 1991 – 12 min
Production: Morten Skallerud, Camera Magica
Droits mondiaux: Camera Magica
3. THE BAND WAGON
de Vincente Minnelli – USA- 1953 – 112 min
avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Oscar Levant, Nanette Fabray, Jack Buchanan
HOMMAGE A VINCENTE MINNELLI
4. CALENDAR GIRLS
de Nigel Cole - UK – 108 min
avec Helen Mirren,Julie Walters, Penelope Wilton, Annette Crosbie
Production: Harbour Pictures pour Buena Vista
Droits internationaux: Buena Vista International
PREMIERE MONDIALE
5. IL CASANOVA DI FEDERICO FELLINI
de Federico Fellini - Italie - 1976 – 157 min
avec Donald Sutherland, Tina Aumont, Olimpia Carlisi, Margareth Clementi
Production: Alberto Grimaldi, Pea
Droits internationaux: Hollywood Classics
HOMMAGE A FEDERICO FELLINI
6. LE COUT DE LA VIE
de Philippe Le Guay- France - 108 min
avec Vincent Lindon, Fabrice Luchini, Géraldine Pailhas, Lorant Deutsch, Isild Le
Besco
Production: Les Films de la Tournelle
Droits internationaux: Pathé International
PREMIERE INTERNATIONALE
7. CREMASTER III
de Matthew Barney –USA / UK - 18 min 59"
Production: Barbara Gladstone Gallery, Artangel, Matthew Barney
Ventes internationales : Celluloid Dreams
8. DIE MOMMIE, DIE
de Mark Rucker- USA– 89 min
avec Charles Busch, Jason Priestley, Natasha Lyonne, Frances Conroy, Phillip
Baker Hall
Production et droits internationaux: Aviator Film LLC
PREMIERE INTERNATIONALE
9. FOREVER MOZART
de Jean-Luc Godard - France/Suisse - 1996 - 84 min
avec Madeleine Assas, Ghalia Lacroix, Bérangère Allaux, Vicky Messica
PRIX RAIMONDO REZZONICO A RUTH WALDBURGER
10. HOLIDAY
de George Cukor – USA -1938- 95 min
avec Cary Grant, Katharine Hepburn, Doris Nolan
Production: Columbia
HOMMAGE A KATHARINE HEPBURN
11. GLI INDESIDERABILI
de Pasquale Scimeca – Italie – 94 min
avec Marcello Mazzarella, Vincent Gallo, Peppe Lanzetta, Lynda Steadman,
Vincent Schiavelli
Production et droits internationaux: Rodeo Drive, Digital Film
PREMIERE MONDIALE
12. MAIS IM BUNDESHUUS - LE GENIE HELVETIQUE
de Jean-Stéphane Bron – Suisse – 85 min
Production: - Ciné Manufacture SA
Droits internationaux: Saga Productions
PREMIERE MONDIALE
13. MEIN NAME IST BACH / JAGGED HARMONIES – BACH vs FREDERICK II
de Dominique De Rivaz Knecht – Allemagne/Suisse – 97 min
avec Vadim Glowna, Jürgen Vogel, Anatole Taubmann, Paul Herwig
Production: Twenty Twenty Vision, Berlin / Pandora Film Produktion, Köln /CAB
Productions, Lausanne
Droits internationaux: Bavaria Film International
PREMIERE MONDIALE
14. MIO COGNATO
de Alessandro Piva - Italie - 90 min
avec Sergio Rubini, Luigi Lo Cascio, Alessandra Sarno, Mariangela Arcieri
Production: Dada Film, Rai Cinema
Droits internationaux: RAI TRADE
PREMIERE MONDIALE
15. PANE E CIOCCOLATA
de Franco Brusati - Italie - 1974 – 112 min
avec Nino Manfredi,Tano Cimarosa, Ugo D'Alessio, Paolo Turco
Production: Maurizio Lodi-Fe Distribuzione: Istituto Luce Spa
HOMMAGE A FRANCO BRUSATI
16. RAGHU ROMEO
de Rajat Kapoor - Inde – 99 min
avec Vijay Raaz, Saadiya Sidddiqui, Maria Goretti, Saurabh Shukla
Production: NFDC, Cinematograph
Droits internationaux: Cinematograph
PREMIERE MONDIALE
17. RAINING STONES
de Ken Loach - UK - 1993 - 90 min
avec Bruce Jones, Julie Brown, Gemma Phoenix, Ricky Tomlinson
LEOPARD D'HONNEUR A KEN LOACH
18. DAS WUNDER VON BERN
de Sünke Wortmann - Allemagne – 110 min
avec Peter Franke, Johanna Gastdorf, Lucas Gregorewicz, Louis Klamroth
Production: Little Shark Entertainment
Droits internationaux: Bavaria Film International
PREMIERE MONDIALE
La «piazza» est depuis toujours un lieu de rencontre, d’échanges de marchandises et
d’idées, un lieu de fêtes. Celle de Locarno n’échappe pas à la règle grâce au cinéma.
L’immense écran déverse sur le public les émotions des films qui ont fait l’histoire du
cinéma et ceux qui cherchent à se faire une place dans l’histoire. À Locarno, la
«piazza»est le lieu le plus facilement reconnaissable du festival, le centre de la fête.
Dès les premières heures ce sera assurément une grande fête avec la projection en
ouverture de la cinquante-sixième édition de The Band Wagon de Vincente Minnelli.
C’est par cette comédie musicale entraînante sur le monde du spectacle avec Fred
Astaire et Cyd Charisse, réalisée il y a cinquante ans, que nous vous proposons
aujourd’hui de célébrer le centenaire de la naissance d’un maître.
L’Inde sera présente, elle aussi, avec une comédie: Raghu Romeo de Rajat Kapoor.
C’est à Locarno que le public a découvert les films à grand spectacle de Bollywood ;
aujourd’hui c’est le tour d’une comédie que nous pourrions presque qualifier de off
bollywood: les morceaux de musique sont replacés dans un contexte narratif et la
tradition y est sacrifiée avec brio pour nous offrir un moment inédit de rap indien.Une
production américaine, autre parfum avec Die Mommie, Die de Mark Rucker. Ce
pourrait être le croisement entre Chère Maman et Boulevard du Crépuscule, ou la
relecture des mélodrames classiques dans lesquels les héroïnes sont anéanties par les
événements. À une grosse différence près: l’interprète du rôle d’Angela – l’héroïne, qui
est une ancienne chanteuse à succès désormais prisonnière d’une vie famille remplie
de problèmes – est en fait un homme, Charles Busch. Le ton est ainsi donné: le film est
une comédie irrésistible, grotesque et burlesque.
À côté de ceux qui se transforment en femmes, il y a celles qui cherchent à se libérer de
leur condition féminine, comme les héroïnes de Calendar Girls de Nigel Cole. L’objectif
est noble – récolter des fonds pour financer la recherche sur la leucémie –, mais la
méthode choisie par ces vieilles dames est insolite : poser nues pour un calendrier
«osé». Inspirée d’une histoire vraie qui s’est passée dans le Yorkshire, Calendar Girls
est l’un des films les plus frais et les plus imprévisibles de la saison, avec une affiche
extraordinaire dans laquelle s’illustrent tout particulièrement Helen Mirren et Julie
Walters.
Dominique de Rivaz Knecht a lui aussi puisé dans l’histoire pour son Mein Name ist
Bach/Jagged Harmonies – Bach vs Frederick II. Nous sommes en 1747 à Potsdam:
le grand Jean Sébastien Bach, rendant visite à l’un de ses fils qui travaille à la cour,
rencontre le roi de Prusse Frédéric II. Deux génies aux tempéraments, aux caractères
différents, et aux égos surdimensionnés, s’affrontent. C’est l’occasion d’aborder aussi
les rapports père-fils et les passions royales.
Les rapports père-fils sont également le sujet de Das Wunder von Bern de Sönke
Wortmann. Ici l’histoire se passe en 1954 : après de longues années dans les camps
soviétiques, un chef de famille rentre chez lui à Essen, brisant l’équilibre familial établi.
C’est le conflit. Pendant ce temps, à Bern, un miracle est en train de se produire :
l’équipe de foot d’Allemagne, dans laquelle joue un ami de son plus jeune fils, est sur le
point de remporter la coupe du monde.
Mio cognato d’Alessandro Piva s’intéresse lui aussi aux rapports familiaux difficiles.
Luigi Lo Cascio, homme tranquille, s’est fait volé sa voiture. À contre-cœur, il part à la
recherche de son véhicule en compagnie de Sergio Rubini, un gendre exubérant, aux
fréquentations douteuses pour lequel il n’a pas beaucoup d’estime. Une aventure qui se
déroule à Bari le temps d’une seule nuit.
L’autre film italien Gli indesiderabili de Pasquale Scimeca est tiré d’un livre du
journaliste et écrivain Giancarlo Fusco. Des histoires de petits malfrats et devrais
mafieux vues à travers une galerie de personnages expulsés des Etats-Unis vers l’Italie,
car jugés persona non grata. Avec en voix off, Fusco lui-même, et un Vincent Gallo
remarquable.
Autres portraits, autres histoires dans Le coût de la vie de Philippe Le Guay, qui
s’intéresse au rapport complexe que ses personnages entretiennent avec l’argent, des
gaspilleurs, des avares et autres variantes de l’âme humaine dont la caractéristique
commune est de connaître un destin guidé par l’argent. Une comédie menée par
Vincent Lindon et Fabrice Luchini.
Un autre récit universel dans Any Way the Wind Blows de Tom Barman qui nous
emmène à Anvers, la magnifique cité portuaire flamande, à la rencontre de huit
personnages rêvant d’une autre vie sur les notes d’une bande son irrésistible.
Le court métrage Året Gjennom BØrfiord (Un an le long de la route abandonnée) de
Morten Skallerud est un hommage à la section des «Léopards de demain» : avec des
images tournées à très grande vitesse, il raconte une année entière en l’espace de
douze minutes.
Restons dans le domaine du documentaire avec Mais Im Bundeshuus-Le Génie
Helvétique de Jean-Stéphane Bron: un suspense digne d’un thriller pour cette
chronique des débats sur les organismes génétiquement modifiés, tournée près du
Palais fédéral.
Le champ des propositions s’élargira au cours de la nuit inoubliable consacrée à
Cremaster III de Matthew Barney: un échantillon d’art vidéo génial, déjà présenté dans
les plus grands musées d’art contemporain, grâce au regard baroque et innovant de son
auteur.
Enfin, trois hommages à trois monstres sacrés qui nous ont légué un héritage
inoubliable. Katharine Hepburn reviendra briller sur le grand écran avec Holiday
(Vacances) de George Cukor. On évoquera Federico Fellini, dix ans après sa mort,
avec la projection de Il Casanova di Federico Fellini, l’un de ses films les moins vus.
Et puis Franco Brusati, disparu lui aussi il y a dix ans, dont nous nous souviendrons
grâce à Pane e Cioccolata, le film qui rappelle aux Italiens (mais pas seulement) le
sens du mot «immigré». Pour l’occasion, la maison d’édition «Il castoro» publie une
monographie consacrée au réalisateur.