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Published by Editor
Aug 22, 2002
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Cinq Femmes à Gindou

Les festivaliers des Rencontres de Gindou ont soif. Soif d'images : le cinémobile
affiche complet. Soif de musique : plus de 400 personnes au concert de la malienne
Macoura Traoré. Et soif d'apprendre, de confronter : une centaine d'attentifs
au débat central des Rencontres dont le sujet était : des personnages
féminins dans les cinémas d'Afrique et de Méditerranée. Cinq femmes étaient
invitées à ce débat : Carole Desbarats, directrice des études à la Femis, Jackie
Buet, directrice du Festival de Films de Femmes de Créteil, Gayé Pétek, directrice
de l’association Elélé (Paris) qui travaille à l’intégration des populations
turques en France, Houria Lyoubi, membre des associations Convergence des démocrates
marocains à l’étranger (Limoges) et de La jeunesse des démocrates marocains
à l’étranger (Paris)et Karabéli Kouyaté Oumou, présidente du Collectif des ivoiriens
de France pour la Démocratie et les Droits Humains. Elles ont chacune abreuvé
le public de leur savoir et de leur expérience.

Depuis 1979 le Festival International de Films de Femmes de Créteil explore
le cinéma au féminin de tous les continents. Au départ, avec 2% de femmes réalisatrices
contre 20% aujourd¹hui, " c'était un pari contre le désert ", déclare Jackie
Buet. Ses premières rencontres avec les femmes noires réalisatrices ont eu lieu
avec les américaines, " qui se sont emparées de la caméra dans l'urgence pour
faire des films très réalistes ". Puis le Festival a fait le tour de la diaspora
des femmes noires réalisatrices en Europe. Un cinéma vivant mais qui n¹avait
pas accès à la diffusion.

C'est l'arrivée de Spike Lee aux Etats Unis qui a déclenché l'intérêt pour
le cinéma noir. Et les réalisatrices ont commencé à être diffusées. En France
le déclic a eu lieu avec Rue Cases-nègres d'Euzhan Palcy.

Débuts difficiles, diffusion difficile, et pourtant " la représentation de
la femme au cinéma et la question de la femme en méditerranée nous concerne
tous et influence la vie quotidienne aussi bien de la femme que de l'homme ",
insiste Carole Desbarats, directrice des études à l'école de cinéma la Femis.
Elle soulignait la puissance du mythe introduit par la représentation, en particulier
hollywoodienne. " Un mythe ravageur au niveau mondial ; pas une île ne lui échappe
". " Ca avance " ; raccourci optimiste et leitmotiv du débat.

Ca avance aussi dans le regard des hommes réalisateurs sur la femme. Comme
celui d'Idrissou Mora Kpai qui avait l'idée de faire un film sur son père et
est revenu du Bénin avec un film sur sa mère. " La souffrance de mes deux mamans
était plus digne de faire un film ". Ca avance aussi dans le regard du spectateur,
" en regardant Fatma de Khaled Ghorbal, peu m¹importait si un homme ou
une femme avait fait le film. Si on reste dans la fracture on n¹avance pas ".

S. B.