Le Pen assigne <i>Féroce</i> en référé
Mettant en scène l’histoire d’un Français d’origine maghrébine qui cherche à venger sa sœur en tentant d’assassiner le leader d’un parti d’extrême droite, le film Féroce de Gilles de Maistre s’est attiré les foudres de Jean-Marie Le Pen. Le chef du Front National et son parti ont assigné en référé Tetra Films, producteur et distributeur du film, en demandant l’interdiction de diffusion publique du film jusqu’au 17 juin, après la période électorale (la sortie de Féroce étant prévue le 17 avril. Le Pen juge le film de Gilles de Maistre diffamatoire à son égard et à l’égard de son parti et considère qu’il constitue un appel au meurtre contre sa personne.
En réaction à ces propos, Gilles de Maistre a déclaré à la presse que : « Féroce est un film engagé. Il met en images le danger que représente
la propagation des idées extrémistes, racistes et intolérantes, en
Europe, sans pour autant asséner de discours théoriques. Sous la forme
d'un « thriller », ce film se propose de décrypter le message commun aux
nombreux partis d'extrême droite à travers le monde. »
Selon le cinéaste : « l'intention des auteurs n'a jamais été de parler d'une
personne ou d'un mouvement politique en particulier, mais de s'attaquer
au problème de fond. Hugues Henry Lègle, le leader d'extrême droite
joué dans Féroce par Jean-Marc Thibault, est un assassin, un
manipulateur, un politicien véreux... Ce n'est bien sûr qu'un personnage
imaginaire qui n'est pas, sinon cela serait fort inquiétant pour notre
pays, le patron du Front National. Comment Jean-Marie Le Pen qui
s'affirme intègre, droit, sincère et irréprochable, peut-il se retrouver
dans le portrait d'un commanditaire de meurtres, brutal, fasciste et
raciste ? »
De Maistre rappelle ensuite combien son film a été difficile à tourner, comment ses acteurs ont dû travailler gratuitement pour que le film se fasse avec un financement minimum et comment Féroce trouve à grand peine des salles pour être diffusé. Pour l’instant, le film ne sera diffusé à Paris que dans deux salles et plusieurs grandes villes de province (Marseille et Strasbourg notamment) l’ont refusé en bloc.
L’audience de l’affaire FN/Tetra aura lieu le mardi 9 avril à 10 heures au Tribunal de grande Instance de Paris.