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Published by Editor
Jan 15, 2002
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Guillermo Del Toro : un diable dans l'échine

Projeté à Locarno, San Sebastian, Toronto et Fort Lauderdale, L’Echine du Diable est un film fantastique qui fait sensation sur le circuit des festivals. Réalisé par un spécialiste du genre, le Mexicain Guillermo Del Toro, cette production du frère Almodovar distille un angoissant suspense dans un orphelinat plongé en pleine guerre civile espagnole. Nous avions rencontré Del Toro à Toronto en septembre dernier.


L’Echine du diable a reçu un accueil très favorable dans les festivals…


Je pense que c’est mon meilleur film. Mais cela m’a pris 12 ans pour le faire. C’est ce film que je voulais tourner avant Cronos, mais je n’avais pas pu obtenir le financement. Alors je l’ai mis de côté. Je suis très fier de ce film.


Votre film se passe pendant la guerre civile espagnole, mais ce n’était ce que vous aviez prévu au départ avant que les frères Almodovar acceptent de vous produire. Quels sont les changements que vous avez dû effectuer ?


Au départ, l’histoire était située au Mexique pendant la révolution et le personnage principal était un garçon ordinaire qui essayait de survivre aux massacres perpétrés pendant la révolution. Mais ces changements – l’Espagne, la Seconde Guerre Mondiale, un orphelinat – ne changent rien à l’essence du film que je voulais faire au départ.


La guerre, le contexte historique semblent nourrir votre vision fantastique. Votre film n’est pas une histoire de fantômes ordinaire.


Ces fantômes ne sont pas nécessairement ceux de personnes décédées, mais les âmes vivantes de personnes traumatisées par la guerre. Il n’y a aucune règle dans la guerre et l’innocence ne vous est d’aucune aide pendant les batailles. C’est pourquoi c’était important pour moi d’avoir des enfants dans le casting. Je sais que le film n’est pas facile à cause de tous ces enfants qui se font tuer, mais c’est ça la guerre.


Votre premier film, Cronos, avait reçu un accueil élogieux de la part de la critique partout dans le monde. Mimic, en revanche, votre première expérience à Hollywood, n’avait guère convaincu.


Mimic aurait pu être un grand film, mais malheureusement le studio avait d’autres idées le concernant et je n’ai pas pu faire ce que je voulais. Mais c’était une expérience enrichissante pour moi. Je sais maintenant à quoi il faut s’attendre, je suis plus rusé.


Et sur Blade 2 (que le réalisateur était alors en train de tourner avec Wesley Snipes et Kris Kristofferson), ça se passe mieux ?


C’est très amusant. J’ai plein de nouveaux jouets et jusqu’à présent le studio m’a laissé assez libre. Pour le moment, je prends beaucoup de plaisir à le faire.


Angela Baldassarre