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Published by Editor
Nov 15, 2001
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Voyage sur la Planète Cinéma : le F3C 2001

Créé en 1979 par deux frères, Alain et Philippe Jalladeau, le Festival des trois continents de Nantes consacre le goût de la découverte. Le cinéphile curieux a ainsi l’occasion depuis plus de vingt ans de partir à la rencontre des cinémas d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Tous les grands auteurs modernes de ces contrées cinématographiques peu diffusées ont été révélés par le festival : Hou Hsiao-hsien (avec les Garçons de Feng Kuei en 1984), Abbas Kiarostami (Où est la maison de mon ami ? en 1988), Souleymane Cissé (Le Vent en 1982), Cheik Omar Sissoko (La Leçon des Ordures en 1986) et plus récemment Tsaï Ming-liang ou Jia Zhang-ke. Tous ces réalisateurs essentiels du cinéma contemporain se sont illustrés dans la compétition nantaise avant de se voir consacrés par une Palme ou un Lion d’Or à Cannes ou à Venise.

Chaque année, les frères Jalladeau visite le Monde, se partageant les continents selon leurs goût et leurs habitudes. Cela donne toujours un programme très riche composé non seulement de films récents inédits, mais aussi de rétrospectives d’auteurs, d’acteurs ou de cinématographies rares. Devant une telle diversité, le festivalier ne sait plus où donner de la tête et peut se laisser guider les yeux fermé selon ses envies et sa curiosité. Nantes est en cela l’un des rares festivals dans le monde (avec Locarno et La Rochelle peut-être) à offrir de telles possibilités de découvertes et à laisser le spectateur frustré parce qu’il n’a pas le temps de tout voir.

Qui succèdera à Jia Zhang-ke ?

La compétition pour le Lion d’Or verra s’affronter dix films inédits. Parmi eux, on notera des œuvres comme Harmfull Insect de Akihiko Shiota, Taxi para tres d’Orlando Lübbert (Concha d’Or cette année à San Sebastian), Seafood de Zhu Wen ou Delbaran d’Abdolfaz Jalili. La sélection est largement dominée par l’Asie (7 films sur dix). On y remarquera surtout l’absence de l’Afrique Noire (le seul film du continent sélectionné étant marocain), inquiétante dans un festival dont la sélection est si pointue.

Hors compétition, les festivaliers pourront découvrir entre autres Fatma du Tunisien Khaled Ghorbal, présenté en ouverture, et Secret Ballot de l'Iranien Babak Payami, en clôture le 27 novembre, date où on connaîtra le successeur au palmarès de Jia Zhang-ke qui recevait l’année dernière sa deuxième Montgolfière d’Or pour Platform. Le public, toujours très connaisseur à Nantes, décernera lui aussi son prix.

Des rétrospectives très attendues

Outre la sélection officielle, le festival présentera cette année cinq rétrospectives très diverses. Deux d’entre elles rendront hommage à deux grands acteurs des trois continents : la Mexicaine Katy Jurado (qui joua sous la direction de Bunuel, Ripstein et de Zinnemann dans le mythique Le Train sifflera trois fois) et l’Egyptien Nour El Cherif, vu dernièrement dans Le Destin de Youssef Chahine.

Les frères Jalladeau se proposent également de nous faire découvrir le cinéma malais, un cinéma qui connu son âge d’or dans les années 50 et 60 avec le studio des frères Shaw, et le cinéma d’auteur kazakh et kirghize, que le festival a largement contribué à révéler ces dernières années avec les œuvres de Darejan Ormibaev et Aktan Abdukhalikov. Mais la sélection la plus attendue sera sans doute celle consacrée au Wu Xia Pan (films de sabre) de Hong Kong et les fans du cinéma de King Hu et de Tsui Hark viendront sans doute grossir en nombre les rangs des festivaliers habituels.

Produire au Sud : le Nantes Institute

Mais depuis l’année dernière, le festival des trois continents ne se contente pas de montrer des films du « Sud ». Un atelier séminaire intitulé « produire au Sud » réunit en effet 10 jeunes producteurs pour les aider à développer leurs projets. Contrairement à la compétition, les producteurs sélectionnés viennent en grande partie (la moitié) d’Amérique du Sud et on remarquera parmi eux Alvaro Urtzberea pour le nouveau film de Lucrecia Martel, réalisatrice de La Cienaga primé cette année à Berlin et Toulouse et qui sort bientôt en France.Avec cet atelier, le festival ambitionne de créer un label équivalent au Sundance Institute ou à Equinoxe. Une suite logique pour cette manifestation qui a tant fait, et continuera encore d’en faire, pour la découverte de cinémas différents.

Yannis Polinacci