A VIES CONTRAIRES au Théâtre des Variétés: courez y vite
Compagnie Namasté présente

ne boudez pas votre plaisir avec A VIES CONTRAIRES: Une comédie de Julien Roullé-Neuville (1h20) miise en scène par Judith D'Aleazzo avec : Alexandre Texier, Marine Montaut, Laetitia Giorda et Julien Roullé-Neuville. J'ai adoré l'écriture moderne, le rythme et les interprétations appuyées qui déclenchent les rires en cascade dans un public qui sde délecte et en redemande. Une histoire simple et efficace, tendre et féroce qui donne un vrai coup de jeunesse au Vaudeville.
On rève à en voir une adaptation cinématographique.
Création à Paris au Théâtre des Variétés 7, Bld Montmartre 75002 Paris (M° Grands-Boulevards) du mardi au samedi à 21h30
Résumé
Julie vient de partir. Arno se retrouve seul. Enfin, seul... Pas vraiment.
Sophie et Daniel débarquent à l'improviste. Ils ont un "petit service" à lui demander.
Enfin, "petit"... Pas vraiment !
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Entretien avec Julien Roullé-Neuville
Qu’est-ce qui est à l’origine de l’écriture de la pièce ?
J’avais depuis longtemps envie d’écrire une pièce. L’idée m’est venue après avoir rompu avec mon amie, elle voulait un enfant et moi, non. Dans la même période, mon meilleur ami m’annonce qu’il ne peut pas en avoir. J’ai trouvé intéressant de confronter ces deux points de vue. Je me suis rendu compte, au fur et à mesure de l’écriture, que c’était un biais intéressant pour développer une critique de ce que nous sommes, ce qui nous anime, de la société dans laquelle nous vivons, et surtout, dans laquelle nous nous débattons. De pointer les divergences de chacun pour pouvoir mieux en rire.
Comment avez-vous construit vos personnages ?
Autant la situation de base est réelle, autant les personnages sont fictifs. J’ai mis dans chacun d’eux une part de moi. J’ai pris tout ce que je peux penser être des qualités, les pousser au paroxysme, pour en devenir des défauts. Que chaque personnage passe du statut de victime à celui bourreau dans cette même situation. Mais j’ai surtout tenu à ce qu’aucun d’eux n’aient tort ni raison. C’est une confrontation qui est animée par un sentiment profond qui les unit, l’amour qu’ils se portent mutuellement.
L’amitié, la confiance et la complicité sont des moteurs essentiels de cette pièce.
Le cœur de cette pièce est l’amitié. Ce sentiment qui se construit sur le long terme. Cette relation fraternelle sans liens familiaux. C’est la relation que je privilégie le plus dans ma vie car les amis, contrairement aux membres de notre famille, nous les avons choisi, et contrairement au sentiment amoureux, les amis ne nous « appartiennent » pas. Il n’y a qu’en amitié où la divergence d’opinion n’est pas un frein à la relation. Que sommes-nous capables de faire pour un ami que nous ne ferions pas pour nous même ? Tout ! C’est le sujet de la pièce.
Peut-on rire de tout et si oui comment ?
Il est, pour moi, indispensable de rire de tout. Le meilleur moyen de parler de ce qui est grave, lourd, de ce qui nous fait mal, c’est d’en rire. « Je me presse de rire de tout avant d'être obligé d'en pleurer » (Figaro dans le Barbier de Séville de Beaumarchais). C’est ce que je choisis. Le fond de la pièce est dramatique, et la forme légère et comique. Je pense qu’on peut rire de tout quand c’est fait avec bienveillance et sans méchanceté. Je cherche plus à donner un recul sur nous-mêmes, susciter une interrogation, qu’à dénoncer une situation, et donner des leçons.
Est-ce une pièce générationnelle ?
Oui… enfin c’est ce que je croyais. Ma génération est la première à vivre moins bien que celle de ses parents, qui de plus eux, ont vécu une période faste. Nous sommes les premiers aussi à pouvoir, et devoir, nous poser certaines questions, et faire des choix. En ce sens, oui c’est une pièce générationnelle. Et puis, grâce aux témoignages du public, je me rends compte qu’elle est multi-générationnelle, chacun y voit et en prend ce qu’il veut. Un monsieur d’un certain âge m’a dit, avec un grand sourire, « Ce qui est bien avec votre pièce, c’est que ceux de 20 ans voient ce qui les attend, ceux de 40 sont en plein dedans, et ceux...de mon âge se souviennent ». Il a tout résumé.
La pièce a été présentée 2 saisons au Festival d’Avignon Off. Comment expliquez-vous ce succès ?
Du travail, des bons choix, des opportunités... de la chance ! Le choix du lieu, et des personnes qui le dirigent avec qui j’ai des valeurs communes. Les opportunités qui se sont présentés à nous, celles que nous avons provoquées... et la chance d’avoir rencontré notre public. Nous avons été soutenus par les plus grands quotidiens locaux, Le Vaucluse Matin, La Provence et La Marseillaise, réputé pour soutenir un théâtre plus engagé, qui a titré de façon positive « Le boulevard du 21ème siècle ». Les articles sur les sites spécialisés nous ont également encensés. Et bien sûr, le bouche à oreille. Une des critiques qui est le plus revenu c’est « Enfin une comédie qui a du fond », un ami auteur m’a dit « Tu as écrit un truc que j’ai jamais vu, un boulevard intelligent ! ». Voilà, un peu de fond, un peu de forme, et l’envie d’en rire !
Le succès de la pièce, je le souhaitais, je l’espérais, je « l’angoissais » …mais, il m’a avant tout surpris et réjouit.
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