Conférence de Jacques Rancière: Conversation autour d'un feu
JACQUES RANCIÈRE « Conversation autour d'un feu »
(Politiques du cinéma)
Vendredi 4 juin, 19h, Cinéma 1.
Conférence précédée d’une projection à 17h, Cinéma 1.
19h : conférence de Jacques Rancière
Conversation autour d'un feu (Politiques du cinéma)
Entrée libre dans la limite des places disponibles.
17h : projection du film "De la nuée à la résistance"
(Dalla nube alla resistenza), 1979, 1h41, 35 mm couleur.
de Danièle Huillet et Jean Marie Straub
Tarifs : 6€, TR : 4€, gratuit pour les laissez-passer.
Alfredo Jaar, Lament of the images, 2002
© Louisiana Museum for Moderne Kunst, courtesy de l'artiste
Conversation autour d’un feu (Politiques du cinéma)
Il s’agirait « d’y voir plus clair sur les manières diverses de penser aujourd’hui la politique des films sous l’angle de ce rapport entre les certitudes de l’injustice, les incertitudes de la justice et les calculs de la justesse. Ce que je me suis proposé en choisissant un film et en tressant quelques commentaires autour de ce choix, c’est de proposer un point de référence fixe à l’investigation sur les possibles présents du rapport entre cinéma et politique. Un point de référence fixe, cela veut dire un film où l’on peut lire une figure du rapport qui a fait époque. C’est sous cet aspect que j’ai choisi de présenter De la Nuée à la Résistance de Jean-Marie Straub et Danielle Huillet. Je ne l’ai pas choisi comme film politique modèle. Je l’ai choisi pour trois raisons majeures. La première est qu’il comporte une idée et une pratique du rapport politique/cinéma qui s’inscrit elle-même dans un paradigme plus large du rapport art/politique. Disons, pour être bref, le paradigme brechtien, soit le paradigme d’un art qui est politique par la décision de se détourner des continuités et des progressions propres au modèle narratif et empathique pour se tourner vers une forme rompue, propre à mettre au jour les tensions ou les contradictions qui habitent la présentation des situations et la manière d’en formuler les données, les enjeux et les issues. Ce paradigme a influencé diverses formes du rapport cinéma/politique, par exemple les exercices dialectiques de Godard. Mais les films des Straub en représentent certainement la forme la plus systématique, la plus propre donc à fixer l’image cinématographique de ce paradigme et à définir une perspective à partir de laquelle voir les films d’aujourd’hui. Mon pari est aussi que peuvent se réfléchir dans cette singularité des problèmes concernant le rapport cinéma/politique communs aussi avec des formes qui n’appartiennent pas à ce paradigme. » J.R.