Beau démarrage pour La visite de la fanfare
La visite de la fanfare (d’Eran Kolirin, Israël, 2007, Festival de Cannes 2007, sélection Un certain regard, prix de la Jeunesse et prix de la critique internationale.) réalise un joli démarrage en France avec 8 832 entrées premier jour sur 87 copies.
Une improbable rencontre entre juifs et arabes, où au-delà des divisions communautaires, des individus s’épaulent le temps d’un bref séjour. Humour et émotion garantis.
"Il montre des individus capables de surmonter leurs réticences, les idées reçues et d’aller vraiment à la rencontre de l’autre."A la suite d’un malheureux concours de circonstances, une fanfare égyptienne, invitée à jouer dans un centre culturel arabe d’un village en Israël, se retrouve dans un autre village, où tous les habitants sont juifs et où il n’y a pas le moindre centre culturel... La visite de la fanfare est un film chaleureux et plein d’espérance. Parce qu’il montre des individus capables de surmonter leurs réticences, les idées reçues et d’aller vraiment à la rencontre de l’autre. D’un côté, il y a les musiciens égyptiens, bien sanglés dans leurs uniformes de la police, d’un bleu ciel immaculé. De l’autre, des Israéliens perdus dans le désert, un village sans aucun attrait où on s’ennuie ferme et où la folie guette le solitaire.
Sans grand discours pontifiant ni jugement mais sans tomber non plus dans le ridicule de trop de naïveté, Eran Kolirin, le réalisateur israélien, montre avec humour les timidités et les peurs de chacun. Et la capacité des êtres humains à communiquer entre eux dès que les circonstances le permettent. Les deux personnages principaux, le responsable de la fanfare et la patronne du seul bistrot ouvert, finiront par trouver un beau terrain d’entente à travers la musique. Cette musique des films égyptiens, si populaire dans tout le Moyen-Orient qu’elle n’a pas pu s’arrêter aux frontières d’Israël.
Petit film sans prétention, il a su ravir les spectateurs au Festival de Cannes. Sa générosité, sa chaleur et son message de tolérance ont aussi bien touché les 12 jeunes européens qui lui ont attribué le prix de la Jeunesse, que les critiques avertis de la presse internationale qui lui ont donné le prix de la Fipresci.
Magali Van Reeth Signis