Le Jour des Acteurs Rebelles
Si le festival s’est réveillé hier chamboulé par une tempête (à laquelle certaines tentes devant le CID n’ont pas résisté), c’est sans doute pour mieux rendre hommage à une personnalité qui a traversé le cinéma américain comme un ouragan : le mythique James Dean. Avec Johnny Depp qui sera là ce soir, on peut dire que cette journée est placée sous le signe des acteurs rebelles.
C’est à Mark Rydell qu’est revenu hier soir la tâche de rendre hommage au « rebelle sans cause » de Nicholas Ray et Elia Kazan. Le réalisateur de The Rose, film dédié à un autre mythe : Janis Joplin, a bien connu l’acteur alors que tous deux commençaient leur carrière de comédien. De cette époque, Rydell garde le souvenir d’une tête brûlée qui aimait le risque et le danger. « On me demande souvent ce que serait devenu James s’il avait vécu, mais il n’aurait jamais pu vivre. » raconte Rydell. « Je me souviens d’un jour à New York, où il s’est mis à faire une passe de torero avec un bus roulant à plus de 80 km/heure. Le bus a littéralement effleuré ses épaules et lui était tout heureux. »
Rydell a ensuite présenté son film, tourné pour la télévision, racontant la vie de son ami. La première séquence montre Dean lors de son arrivée sur le plateau de A l’Est d’Eden et le tournage de la fameuse séquence où il affronte son père. L’acteur James Franco, aussi talentueux que le vrai Dean selon Rydell, prête ses traits à la légende. Présent lui aussi hier soir, il s’est montré plutôt discret.
Johnny Depp a souvent été comparé à James Dean à ses débuts, même si ses attitudes corporelles évoquent plutôt celles d’un Buster Keaton. A l’affiche de Blow avec la belle Penelope Cruz, l’acteur fait un bref passage à Deauville pour la promotion du film. Déjà, les journalistes se l’arrachent, mais il faudra qu’ils se fassent à l’idée que M Depp n’a pas l’intention de s’adresser beaucoup à eux. Les rebelles sont comme cela, ils se plient difficilement à l’étiquette.
Yannis Polinacci