La compétition du 46e Festival de Deauville

FIRST COW de Kelly Reichardt
GIANTS BEING LONELY de Grear Patterson - 1er film
HOLLER de Nicole Riegel - 1er film
KAJILLIONAIRE de Miranda July - sortie le 30 septembre
LORELEI de Sabrina Doyle - 1er film
LAST WORDS de Jonathan Nossiter - sortie le 21 octobre
LOVE IS LOVE IS LOVE d‘Eleanor Coppola
MINARI de Lee Isaac Chung
SHIVA BABY d’Emma Seligman - 1er film
SOPHIE JONES de Jessie Barr - 1er film
SOUND OF METAL de Darius Marder - 1er film
THE ASSISTANT de Kitty Green - 1er film
THE VIOLENT HEART de Kerem Sanga
UNCLE FRANK de Alan Ball - 2e film
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Cette édition est unique par les conditions de sa réalisation. Pour faire la sélection du festival, j'ai dû visionner plus de 200 films, moins que les autres années pour cause de crise sanitaire, mais ce qui m'a le plus surpris, c'est le regard que j'avais sur les 15 films vus par semaine, chaque semaine de confinement. J'avoue que parfois, regarder des films sur des écrans réduits à l'instar des pensées, donne à cette sélection une couleur particulière. Les oeuvres choisies sont des eaux fortes qui abreuvent nos nécessaires imaginaires. Les films retenus retracent pour partie les problématiques actuelles et sont bien le reflet d'une quête effrénée : recherche d'identité, urgence écologique, mythes et chimères, sexualité et incertitude d'avenir. La création place le désir d'aimer au delà de toute réalité, sans oublier de nous rappeler que les guerres tuent toute vie. Le cinéma s’anoblit hors frontière et choisi pour horizon le plaisir de la découverte, au delà de toute thématique autre que la grammaire cinématographique. L’art, puisque c’est de cela qu’il s’agit, ne prend et ne donne que de lui-même, avatar du meilleur de nous-même. Deauville est terre d’asile, champ des possibles comme le raconte son histoire. Cette édition ne dérogera pas à notre volonté éditoriale de montrer la diversité et l’originalité de la cinématographie américaine. Ainsi sur 14 films, 7 sont des premiers films et 8 sont des films de réalisatrices. Souvenez-vous des premiers films récompensés tels que Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin, Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, Hedwig and the Angry Inch de John Cameron Mitchell, Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze, mais également des réalisatrices remarquées que sont Debra Granik, Kelly Reichardt, Annie Silverstein, Chloé Zhao et Catherine Hardwick, pour ne citer qu’elles. Le cinéma interroge l’être sur sa nature, emportant de violence nos royaumes intérieurs, dont l’ignorance est le terreau de nos échecs et l’art la graine de la résurrection. Les festivals cultivent les esprits et nous rendent tous féconds, résistants aux mauvaises herbes, fertiles en générosité et stériles en égoïsme. À Deauville, le cinéma sort de terre.
Bruno Barde Directeur du festival |
