LaJeuneFilleSansMains de Sébastien Laudenbach en clôture de FID Marseille
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LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach |
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Bien des films de notre enfance en témoignent : on savait les frères Grimm, et avec eux une large tradition de contes dits populaires, un brin sadiques. Ce n'est pas le récit d'Une Jeune fille sans Mains qui va aller contre. Par btise ou cupidité, ou les deux mlées, un meunier promet sa fille au Diable, puis la maltraite, et enfin la mutile. D'où l'amputation évoquée dès le titre, histoire d'annoncer le programme. Un programme qui ne trahira pas par la suite un début si engageant, car il faudra bien des épisodes, bien des horreurs avant d'atteindre à terme, d'une conclusion si apaisée après tant de cruautés qu'on a toujours peine à la croire définitive. C'est là justement que le projet si délicatement ourdi par Sébastien Laudenbach déconcerte. Car voilà le choix de son dessin plus que déroutant : aérien là où l'histoire tisse, serré, du sinistre ; quasi abstrait là où les sévices évoqués se découpent bien concrets ; dessiné, mais d'un tracé toujours en cours de dévider ses chemins, là où la terrible fatalité de la narration passe pour déjà écrite ; coloré, mais par à plats d'aquarelle si pleine d'eau qu'ils sont prts à s'évanouir à la moindre rencontre. Un dessin, on l'aura compris, méditerranéen, matisséen, c'est-à-dire inchoatif, lumineux, fragile et décidé tout à la fois : comme la jeunesse toujours reconduite d'un trait. Le film, en somme, obéit à la loi discrète de la feuille de papier : il y a, sous cette Méditerranée ou sous ce Matisse (mais il était le premier à le savoir), du Japon : sensuel, accidenté d'événements minuscules, respectueux de l'espace presque infini de ce qu'on appelle une page. Ajoutez à ces drames modestes mais visibles le choix judicieux des voix glissées sous les estampes en mouvement, vous obtenez le meilleur de ce que l'animation sait depuis longtemps nous offrir : la délicatesse tactile des rves éveillés. |
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