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Published by Editor
May 19, 2001
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Le Roi Moretti

La rumeur était bonne. Cette année, la Palme d’Or décernée par le jury épouse le choix de la Palme de cœur des festivaliers.


Pas de sifflets, pas de polémique. Mais plutôt un palmarès assez consensuel, très chaleureusement applaudi par les 2500 invités du Grand Auditorium Lumière du Palais des festivals.


D’aucuns commenteront certainement le choix de la récompense suprême qui n’est peut-être pas le plus ambitieux des films de Moretti. Il demeure que La chambre du fils a été une vraie émotion sur la Croisette et que cette Palme vient encourager un cinéma italien qui frisonne d’un renouveau enthousiasmant.
Elle viendra aussi certainement réconforter un Nanni Moretti qui semblait avoir perdu son sourire depuis le résultat des dernières élections italiennes.


Rafle pour La pianiste d’Haneke, offrant du même coup un doublé pour Isabelle Huppert, vingt-trois ans après sa récompense à Cannes pour son rôle dans Violette Nozières. Son partenaire dans le film, Benoît Magimel, visiblement très ému, se voit lui aussi couronné d’un prix très mérité, sa performance étant particulièrement remarquable et remarquée.

Du côté de la mise en scène, David Lynch et Joel Coen, deux ex-palmés, repartent ce soir chacun avec un prix. Avec Mulholland Drive, Lynch parvient au somment de son art, poussant jusqu’au bout sa quête du rêve et sa recherche esthétique.


Petite déception du côté du prix du scénario attribué à Danis Tanovic pour son No Man’s Land dont on aurait pu penser qu’il se serait situé plus haut dans le palmarès.

Ce palmarès du 54è Festival International du Film de Cannes n’aura pas été celui de la révélation. Pas de jeune talent récompensé, à l’image de la sélection qui comptait parmi les plus grands auteurs consacrés du cinéma mondial.
Le coup de jeune du Festival vient donc d’un Magimel dont la carrière déjà prometteuse prend définitivement aujourd’hui son envol et d’un Tanovic qui a réussi avec talent à insuffler une dose d’humour dans sa vision du conflit en ex-Yougoslavie.

David Dibilio