Sous le Soleil de Pialat et Toscan
Le Festival de Cannes rend aujourd'hui hommage à deux grands disparus
du cinéma français : Maurice Pialat et Daniel Toscan du Plantier.
Tous deux avaient collaboré sur plusieurs films. Délégué
Général de Gaumont entre 1975 et 1985, Toscan avait produit Loulou,
A nos Amours et Police avant d'être licencié. Dans
un numéro spécial des Cahiers du Cinéma consacré
à Pialat, Toscan raconte que c'est à ce moment-là que Depardieu
et Pialat décident de " faire un film pour que Daniel ne s'arrête
pas. " " On va faire la Palme d'Or. On va faire Bernanos. " déclarent-ils
alors. Quelques mois plus tard, en mai 1987, Sous le soleil de Satan
remporte effectivement le prestigieux trophée sous les huées du
public. Le film ne fait pas l'unanimité. Avant d'annoncer le prix, Yves
Montand, Président du jury, annonce : " Les choix sont arbitraires
et cruels, mais c'est le jeu. " Peu après, Pialat, le poing victorieux
levé avec rage, déclare : " Je suis content pour tous les
sifflets que vous m'adressez. Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que
je ne vous aime pas non plus. "
Les festivaliers pourront revivre ce moment de légende ce soir salle
Debussy avec la projection de Sous le Soleil de Satan qui suivra aussitôt
l'hommage officiel. Le lendemain, dimanche 18, une séance spéciale
salle Buñuel présentera des courts métrages de Maurice
Pialat et des documents inédits autour de son oeuvre. En outre, la Quinzaine
des Réalisateurs saluera également l'oeuvre du cinéaste
en projetant en copie neuve son premier long métrage : L'Enfance Nue.