Sous le Charme Haley Joel
Hall d’entrée complètement vidé, gardes du corps aux abois, le festival était sur ses gardes ce soir pour accueillir un garçon de 13 ans : Haley Joel Osment, interprète principal du dernier film de Steven Spielberg A.I. artificial intelligence. Présent toute la journée pour la promotion du film, la jeune star a étonné son monde par une maturité et un professionnalisme précoces, répondant soigneusement aux questions des journalistes. C’est avec le même soin qu’il a présenté le film d’un bref discours en français devant une salle comble, remplie seulement avec des invitations. Pas de doute, A.I., malgré l’absence de Spielberg, qui a envoyé une vidéo d’excuse, a créé l’événement. Une deuxième projection à 23 heures était d’ailleurs prévue pour combler l’attente du public.
Autre film à faire salle comble, là encore sans son réalisateur et sans aucun membre du casting, le Sortilège du Scorpion de Jade a ensorcelé le public. Petite comédie hommage aux films de badinage amoureux des années 40, le dernier Woody Allen séduit non seulement par l’humour irrésistible de son réalisateur-interprète, mais aussi par cette façon décomplexée de refaire un cinéma classique. Toujours distribué par Dreamworks, Woody reste dans la veine simple de son précédant Escroc mais pas trop, sans véritablement se renouveler, il nous sert un film qui fait vraiment plaisir à voir.
Mais la journée fut marquée par les délibérations du jury de la compétition indépendante. Des dix films en concours, deux ont les faveurs des pronostics : Ghost World et Hedwig and the angry inch. Le premier est signé Terri Zwigoff, déjà auteur de Crumb Grand Prix à Sundance en 1994 et part favori pour le Grand Prix ici à Deauville. Le second, dont nous avons déjà largement parlé, pourrait valoir à son acteur-réalisateur John Cameron Mitchell un prix d’interprétation masculine et un prix du public, entre autres. Il faudra également surveiller The Deep End (Bleu Profond) qui s’est déjà bâti une solide réputation en festival. Le palmarès sera connu ce soir juste avant la projection du film de clôture Queenie in Love d’Amos Kollek, alors que le festival aura entre temps rendu son dernier hommage à Christopher Walken.
Yannis Polinacci