
Depuis trois quinquennats, la culture est la grande absente des campagnes présidentielles. C’est la raison pour laquelle L’ARP publie aujourd’hui dans L’Obs et dans Le Film français un Pacte culturel, qui a vocation à interpeller les candidats et à préserver notre souveraineté culturelle.
La publication dans L'Obs s’accompagne d’une interview de Pierre Jolivet et Olivier Nakache, co-Présidents de L’ARP.
En voici quelques extraits :
"Le mal est profond. La culture est abandonnée depuis trois quinquennats. Il n’y a plus de grands projets." – Pierre Jolivet, L’Obs
"Faire entrer dans la danse [les] plateformes qui s’engagent dorénavant sur tous les types de cinéma (…) constitue une vraie victoire. Mais il reste d’autres luttes à mener." – Olivier Nakache, L’Obs
"Aujourd’hui, vous pouvez faire du dumping comme Amazon, offrir un abonnement à moins de 5 euros par mois. (…) Comme les Américains, l’Europe doit apprendre à se protéger." – Pierre Jolivet, L’Obs
« Titane de Julia Ducournau, Palme d’or, L’Evénement d’Audrey Diwan, Lion d’or, c’est du cinéma indépendant. Ceux qui le font prennent des risques… Redonnons-leur confiance !" – Olivier Nakache, L’Obs
"Le cinéma est une création de prototypes. Chaque année sortent en salle des films (…) [qui] ne correspondaient soi-disant pas au marché et ils font de belles entrées. C’est ça la diversité culturelle. Tout l’inverse des algorithmes." – Pierre Jolivet, L’Obs
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Voici l’intégralité du Pacte culturel :
A l’heure où s’établit un nouvel ordre géopolitique mondial, et parallèlement à l’épouvantable guerre à la liberté que livre Poutine, la culture européenne est en ligne de mire des Etats-Unis mais aussi, plus insidieusement, de la Chine. Ces grandes nations ont bien compris l’intérêt de commencer par la conquête des esprits. Pour la France et l’Europe, riches des plus grands artistes mondialement reconnus dans tous les domaines, il est impératif d’affirmer haut et fort leur souveraineté culturelle.
Nous pouvons être fiers d’avoir obtenu que les plateformes contribuent à la création européenne, mais comment lutter si nos catalogues de livres, de films, nos studios, nos cinémas, et plus largement nos biens culturels, passent aux mains de nos concurrents ?
Notre pays a toujours accueilli et accueillera toujours les œuvres du monde entier, parce que la diversité culturelle est une valeur européenne fondamentale et indispensable à la libre expression de la démocratie.
Pour que la France reste forte et accueillante :
Assurons-nous que nos catalogues d’œuvres et que nos lieux culturels, dans lesquels l’Etat a investi massivement, ne soient pas confisqués par des acteurs extra-européens.
Luttons contre les stratégies prédatrices d’abus de position dominante (à l’échelle française et européenne).
Fléchons les soutiens publics vers des sociétés européennes non détenues ou contrôlées majoritairement par des acteurs extra-européens.
Soutenons les plateformes audiovisuelles européennes, à l’instar d’un Arte ou d’un Viaplay (en Scandinavie), et créons-en de nouvelles afin de rendre notre diversité visible par le monde entier.
Préservons l’ambition du service public et son financement indépendant, moteurs dans la création de nos imaginaires et piliers de la cohésion sociale et culturelle.
Enfin, ne lâchons rien sur le droit moral des créateurs face à une industrialisation de la culture pilotée par des algorithmes.
Il ne faut pas céder ! Il ne faut pas céder aux pressions économiques et idéologiques. Il ne faut pas céder nos œuvres, notre liberté de création, et nos lieux de diffusion. La France est emblématique à travers sa culture célébrée dans le monde entier et les batailles qu’elle gagnera ouvriront la voie aux autres démocraties européennes.
C’est pourquoi, à l’aube de l’élection à venir, et afin que le concept de souveraineté culturelle ne soit pas pris en otage par les extrêmes, nous estimons indispensable que les différents candidats prennent des engagements forts en reconnaissant la culture comme un actif stratégique. L’avenir de notre création en dépend.
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