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Published by Editor
Jul 23, 2004
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Ouverture de Locarno sur un film de JJ Zilbermann

LES FAUTES D’ORTHOGRAPHE denJean-Jacques Zilbermann ouvrira le prochain festival de Locarno du 4 au 14 Aout.

Comme dans ses deux précédents films, "Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes", "L'homme est une femme comme les autres", Jean-Jacques Zilbermann puise le récit de ce nouveau projet dans ses souvenirs personnels.

Daniel Massu a quinze ans mais en paraît treize. Nous sommes au début des années 70. Son père et sa mère sont proviseur et directeur des études de l’internat dont il est l’élève.
Cette année, son père a décidé qu’il devait descendre au dortoir avec les autres. L’idée de cette promiscuité le terrorise, d’autant plus que ses camarades de classe le considèrent comme un privilégié.
Pour racheter la confiance et l’amitié de ses pairs, Daniel ne va pas hésiter à s’affronter à sa mère partagée entre l’amour pour son fils et le collège qu’elle a créé pour venir en aide aux enfants en difficultés.


Pour raconter la violence du passage de l’enfance à l’adolescence j’ai pris le parti d’un regard unique, celui de Daniel.
Daniel est mal dans son corps, un peu trop gros, un peu trop petit, il se sent trahi par ce corps en transformation. Le regard qu’il porte sur le monde qui l’entoure est empreint de cette violence ressentie.

Le film se découpe en trois espaces de narration :

Le premier est celui du collège dans son ensemble. Il met en scène 250 élèves dans un espace immense aux yeux de Daniel : la cour, le réfectoire, les couloirs... tout y est trop grand et les cris d’enfants y résonnent de façon assourdissante. C’est le lieu du point d’orgue du film, avec la scène finale de rébellion des enfants, celui que Daniel s’approprie après le parcours initiatique que représente le film.

Le deuxième est celui de la classe et du dortoir. C’est la classe de troisième, ils sont 30 enfants autour de Daniel et des 8 personnages récurrents ; Richard, Griset, Mercedes … Dans ces espaces plus réduit la caméra se rapproche, elle quête l’insolence, l’humour parfois potache des élèves. Elle filme leur complicité mais aussi les rivalités qui les opposent jusqu’aux scènes de violence entre eux. A eux tous, les élèves composent un portrait complet et vivant de cet âge de tous les doutes, de tous les dangers.

Le dernier espace est celui de la sphère familiale, c’est celui aussi dans lequel le monde des enfants rencontre celui des adultes. Carole Bouquet et Olivier Gourmet, avec leur talent de comédien et leur présence naturelle, représentent à la fois l’amour et la maladresse dont peuvent faire preuve les parents et l’autorité parfois incompréhensible voire injuste pour les enfants. C’est contre eux que Daniel va se battre jusqu’au bout. Entre les trois personnages principaux l’incompréhension est totale, chacun s’isole de plus en plus jusqu’à l’affrontement final qui voit la victoire de Daniel, comme le triomphe d’un enfant devenu un jeune homme.

Pour accompagner le mouvement des personnages, la musique tient un rôle important. Celle de Daniel, celle qu’il écoute à la radio, celle de la chorale des enfants, celle du film qui fait résonner la guitare de Georges Brassens, à travers deux morceaux arrangés pour l'occasion.

C’est avec cette dynamique que le film retranscrit le mieux le parcours jubilatoire et volontairement idéaliste de Daniel, qui le conduit, grandi, aux portes de l’âge adulte.

Jean-Jacques Zilbermann