La nouvelle vague du cinéma italien a Villerupt
C'est Francesco Appoloni, avec son film Fate come noi (inédit) « Faites comme moi » qui remporte le Grand Prix du Jury du 26ème Festival du Film Italien de Villerupt. Il succède à Giorni « Des Jours» de Laura Muscardin.
Avec Appoloni, c'est la nouvelle vague du cinéma italien qui est mise en lumière. Après des années de vaches maigres, l'industrie du cinéma est en plein renouveau chez nos voisins Transalpins. Dans « Fate come noi » Appoloni a fait se rencontrer des générations de milieux différents, à travers leur solitude, dans un monde en pleine mutation.
Le Grand Prix du Jury distingue un film parmi la sélection d'oeuvres premières ou secondes. Il est parrainé par le Conseil Général de Meurthe et Moselle. Ce trophée a été créé par Amilcar Zannoni.
Les autres prix de Villerupt récompensent :
Prix du Public : Il posto dell'anima "La place de l'ame" de Riccardo Milani (inédit) décerné par la Région Lorraine. Le public est invité à se prononcer sur tous les films récents non distribués en France Ce prix a été créé par les Emaux de Longwy.
Prix de la Presse : Buongiorno notte « Bonjour la nuit » de Marco Bellocchio, l'une des valeurs sûres du cinéma italien (avant-première). Il a déjà reçu le prix de la meilleure contribution artistique lors de la dernière Mostra de Venise. Il est parrainé par le Club de la Presse de Metz.
Prix du Jury des Jeunes Européens, composé de jeunes cinéphiles venus de différents pays et réunis à Villerupt est décerné à Anne Riitta Ciccone pour L' Amore di Marja « l'Amour de Maria » (inédit) Ce prix distingue un film parmi la sélection d'oeuvres spécifiquement destinées à la jeunesse. Il est parrainé par la Direction départementale et Régionale de Jeunesse et Sports. Il a été créé par les Emaux de Longwy.
La cérémonie de remise des prix se déroule samedi 8 novembre, à l'Hôtel de Ville de Villerupt.
Le Festival du Film italien de Villerupt se poursuit jusqu'au 11 novembre inclus, avec 51 projections entre dimanche 9 et le mardi 12 novembre.
Fate come noi
Faîtes comme moi
Réalisation Francesco Apolloni
Scénario Francesco Apolloni, Gianni Cardillo, Paolo Rossetti
Image Giulio Pietromarchi
Montage Rita Rognoni
Musique Alessandro Molinari, Emanuele Lunadei
Interprétation Pupella Maggio, Francesco Venditti, Mauro Meconi, Arianne Turchi, Agnese Nano
Production Fox & Gould Produzioni
Vente à l'étranger Buskin Films
Année 2002
Durée 1H32
« Bove » et « Pechino » sont deux jeunes banlieusards qui traînent dans Rome à la mi-août. « Bove » est plein d'assurance, un vrai Casanava, alors que l'autre n'a pas beaucoup de succès et il enrage de ne pas être comme son ami. « Bove », qui trouve toujours l'argent dont il a besoin, part en vacances à Rimini. « Pechino » se retrouve seul dans le béton de la périphérie ensoleillée. Pour pouvoir rejoindre son ami il décide de dévaliser un appartement. Entré par la fenêtre, il se retrouve face à Giustina, une grand-mère de 90 ans qui vit dans la solitude et qui, par myopie ou par désespoir, on ne sait trop, prend le voleur pour son petit-fils qui ne lui rend jamais visite. « Pechino », désarmé, se retrouve à table avec la grand-mère qui lui offre sa pension, pour se rendre à Rimini rejoindre soi-disant sa petite amie. C'est la veille de Noël, dans le centre de Rome il règne une effervescence toute particulière. On fait les dernières emplettes et on s'assure que tout est prêt pour le dîner. Dans la rue « Pechino », qui travaille chez un traiteur, rencontre deux types peu recommandables à qui il doit de l'argent. Ils lui laissent quelques heures de délai. Dans un bel appartement romain où il va livrer une commande, il trouve Lidia, une petite-fille de 9 ans, seule. Très espiègle, elle l'oblige tout d'abord à jouer avec elle, puis à écouter ses histoires merveilleuses. Elle refuse de le laisser partir seul et l'accompagne au rendez-vous fixé par les deux malfrats. Grâce à son imagination et au pouvoir magiques des fables elle réussit à le sortir du pétrin. Pendant ce temps, « Bove » rencontre Giordana, une femme de 35 ans, enseignante à l'université qui a découvert que son mari l'a trompé. Elle est désespérée et « Bove » l'accompagne chez elle. Là, elle découvre que sa fille Livia a disparu. Avec « Bove», elle part à sa recherche. C'est Noël : cette histoire ne peut être qu'un conte... un conte de fées. « Rome est ma ville. J'ai voulu la raconter et j'ai essayé de le faire d'une façon inhabituelle, par exemple par le choix des lieux. Ou bien en faisant en sorte que la fracture entre le centre et la banlieue se résorbe. J'ai voulu montrer que la solitude d'un jeune de banlieue peut être analogue à celle d'une universitaire de 35 ans, riche et qui vit dans le centre, ainsi qu'à celle d'une petite vielle de 90 ans ou d'une fillette de 8 ans. J'ai donc fait se rencontrer des générations et des milieux différents à l'intérieur d'une ville qui est en train de changer. Francesco Apolloni Propos recueillis par Giusi Valentini, Stradenove, 27 janvier 2003
Il posto dell'anima
La place de l'âme
Réalisation Riccardo Milani
Scénario Riccardo Milani, Domenico Starnone
Image Arnaldo Catinari
Montage Marco Spoletini
Musique Piccola Orchestra Avion Travel
Interprétation Silvio Orlando, Michele Placido, Claudio Santamaria, Paola Cortellesi, Imma Piro, Flavio Pistilli, Maria Laura Rondanini
Production Rai Cinéma, Albachiara
Année 2003
1 h 46
Une multinationale américaine du pneumatique décide de fermer une usine dans une petite ville des Abruzzes,ce qui signifie le chômage pour tous ses ouvriers et la mort lente pour la commune. Mais le personnel n'accepte pas cette décision décidée par les lois du marché et la lutte s'engage, David contre Goliath, une petite ville perdue dans les montagnes contre la grande multinationale. parmi les meneurs, il y a Antonio, un idéaliste qui se bat pour rester au pays, bien que fiancé depuis de longues années avec Nina, qui, elle, a préféré aller chercher du travail à Milan; il y a Salvatore, un vieux syndicaliste, en perpétuel conflit avec son fils dont il ne comprend pas la mentalité; et aussi, Mario, marié depuis peu, avec des emprunts à rembourser et qui chercher désépérément d'autres solutions. Ensemble ils arrivent à inventer des formes de lutte originales qui attirent les télévisions nationales et les sympathies de l'opinion, ce qui leur permet aussi de dénoncer les mauvaises conditions de travail qu'ils ont connus pendant des années, et qui ont ruiné la santé d'un grand nombre d'entre-eux. Mais le conflit traîne et l'attention des médias se porte sur d'autres sujets. Oubliés de tous, la fermeture devient inéluctable, malgré un beau baroud d'honneur.
Buongiorno notte
Bonjour la nuit
Année 2003
Durée 1h45
Chiara est une jeune femme animée d'idéaux révolutionnaires qui participe à la séquestration d'Aldo Moro. Avec un de ses camarades, elle joue la comédie du jeune couple rangé qui cherche un appartement, dans une rue tranquille de Rome. D'autres camarades les rejoignent secrètement et préparent la « prison du peuple ». Puis l'enlèvement réussit et le prisonnier y est transporté. Les interrogatoires commencent en même temps que les tractations avec les autorités. Chiara a conservé son emploi de bibliothécaire et tous les matins elle se rend à son travail. Elle entend les conversations des gens, leurs avis, leurs craintes. Dans l'appartement, pour les autres camarades, il n'y a que la télévision. Peu à peu Chiara en vient à penser qu'exécuter Moro serait une erreur. « Enquêter ne m'intéressait pas. Je ne voulais pas chercher à savoir qui étaient les commanditaires de l'enlèvement, qui manipulait le terroristes. Je ne me suis servi que d'une trace qui caractérisait la tragique fatalité de l'événement. Ma protagoniste, Chiara, réagit comme elle n'a pas pu le faire dans l'Histoire. »
L'amore di Marja
L'amour de Marja
Réalisation Anne Riitta Ciccone
Scénario Anne Riitta Ciccone
Image Franco Di Giacomo
Montage Letizia Cauddulo
Musique Giovanni Renzo
Interprétation Tiziana Lodato, Lucia Sardo, Vincenzo Peluso, Laura Malviaara
Production Francesco Torelli
Année 2001
1h42
Dans les années 70, une femme nordique embrasse les idéaux de paix et de poésie. de la communauté hippie. Pour Marja, 20 ans, optimiste, ce sentiment de pouvoir changer le monde la rend pleine d'espoir. Pendant une marche pour la paix, elle fait la connaissance de Fortunato, un jeune sicilien dont elle tombe éperdument amoureuse. Ils décident très vite de se marier et de fonder une famille. Dans le village de Marja, en Finlande ses enfants, Alice 7 ans et Sonia 3 ans sont entourés de l'amour de leurs grands-parents maternels. Mais peu à peu, leur vie devient précaire, et leur futur de plus en plus incertain. L'argent de la communauté hippie ne suffit plus à subvenir à leurs besoin. Leurs rêves de liberté s'écroulent. Fortunato convainc Marja d'aller vivre en Sicile où il pense trouver du travail et offrir une vie décente à ses enfants. L'arrivée de la famille au look hippie dans la petite bourgade ensoleillée sicilienne délie les langues des habitants. Marja, par amour pour son mari, jaloux, devient plus introvertie. Celui-ci craint en effet les critiques des hommes du village et en particuliers, celles de son propre père. Néanmoins elle trouve un peu de réconfort auprès de sa belle-soeur, qui n'en oublie pas pour autant ses principes, et lui conseille de s'adapter au mode de vie sicilien et de comprendre les réactions des villageois, qui voient d'un mauvais oeil cette jolie jeune femme excentrique. Fortunato qui a du mal à joindre les deux bouts, part travailler à l'étranger. Marja considère son geste comme une trahison et un abandon. Elle ne supporte plus les regards suspicieux de la population qui la jugent sans la connaître. Un jour, tout bascule. Marja perd sa joie de vivre, son enthousiasme, sa légèreté. Elle sombre dans la folie. Sa dépression va bouleverser sa vie et celle de sa famille. Bientôt Alice et Sonia se retrouvent livrées à elles-mêmes et subissent les moqueries de leurs camarades d'école. Alice vit dans l'espoir que sa mère retrouve son âme d'enfant mais le quotidien des petites filles est de plus en plus dur. Accompagnée de Fortunato et de ses enfants, Maria décide de rejoindre sa famille en Finlande pour tenter de se reconstruire.