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Published by Editor
May 14, 2001
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Ethan Hawke dans ses murs

Depuis qu’il est enfant, Ethan Hawke est obsédé par l’Hôtel Chelsea. Il a été construit à la fin du 19ème siècle comme demeure pour les artistes :
« si vous êtes une jeune personne rêvant de ce que la vie peut offrir et que vous avez des idées romantiques sur la vie d’artiste, cet hôtel est mythique» dit Hawke. Poètes, cinéastes, musiciens ont tous été attirés par l’Hôtel Chelsea. Bob Dylan et Leonard Cohen l’ont chanté. Dylan Thomas, Thomas Wolfe et Tennessee Williams y ont travaillé. Andy Warhol et Lou Reed y ont séjourné tout comme William S. Burroughs et Bette Davis. Cet hôtel a même été pendant une courte période la mecque du mouvement punk grâce à Sid Vicious et à Nancy Spungen, qui y ont longuement résidé.


A son arrivée à New York, Hawke a vu la pièce de Nicole Burdette off-Broadway qui se situait à l’intérieur de l’hôtel Chelsea. La pièce lui a plu, mais il a tout de suite pensé que Chelsea Walls ferait un meilleur film—si toutefois il était possible de traduire en film quelque chose de si abstrait et vaste.

Grâce à Thomas Vinterberg et au Dogme Danois, Hawke a finallement trouvé le moyen de traduire le projet à l’écran—en tournant en numérique. « J’étais vraiment emballé à l’idée de tourner en numérique. Je me suis servi de la même caméra que Vinterberg. Elle a la taille d’un sandwich. Ce qui est réellement utile, c’est de pouvoir être vraiment sur le plateau et le sentiment d’intimité que cela donne à l’acteur. Si l’on a peu de risques financiers, cela donne une liberté créative incroyable et cela redonne de la joie à la réalisation de film» (C’est justement la société Danoise Trust qui s’est aussi occupé des films du Dogme qui est chargée de vendre Chelsea Walls à Cannes).

Hawke et Burdette ont travaillé à l’adaptation de la pièce pour l’écran. Il estime qu’il reste environ 20% de la pièce originale. Il a choisi le groupe rock de Chicago, Wilco pour le thème musical du film. Le film raconte quatre histoires qui se déroulent sur une seule journée à l’hôtel. « C’est très délicat de faire un film sans narration. Faire ce film a été un défi».

Le propriétaire de l’hôtel, Stanley Bard lui a permis de tourner dans l’hôtel.
Les autres hôtes, dont beaucoup font de brèves apparitions à l’écran, ne semblaient pas dérangés. L’hôtel est assez gigantesque. Pour une raison inexpliquable, Stanley nous a laissé courir dans tout les sens et nous amuser. Il considère qu’un des rôles de l’hôtel est d’aider à toutes formes de création.

Hawke avait un peu d’appréhension à l’idée de travailler avec une telle équipe de 35 acteurs. De Tuesday Weld à Kris Kristofferson (qui avait croisé Janis Joplin dans l’ascenseur de l’hôtel) et Natasha Richardson. Mais il n’y a qu’une seule actrice avec qui il a eu du mal—sa femme, Uma Thurman, qui joue une résidente de l’hotel. « La personne la plus difficile à diriger fut ma femme car elle ne m’écoute pas, » il rit. « Les personnes les plus difficiles à diriger sont celles que l’on connaît le mieux .»

Les films dits « d’hôtels » constituent un mini-genre, MGM avec son film bourré de stars Grand Hotel dans le début des années 30 a ouvert une voie, depuis des douzaines de films et de séries ont été réalisés. « Voyageant beaucoup, j’ai développé une fascination pour les hôtels » admet Hawke. « Ils représentent une formidable métaphore. Un seul immeuble logeant tout ce monde. Un lieu et tous ces gens solitaires qui sont si près les uns des autres mais qui se sentent tellement séparés. C’est tellement éphémère.. »

Dans les années 50, Orson Welles prenait part à des films à gros budget pour financer ses propres films. Hawke, écrivain aussi bien qu’acteur, laisse entendre que ce qu’il fait est similaire. « On prend part à ces grands projets pour se permettre d’être plus libre dans sa vie. Ce qui est bien quand on joue dans ces grosses productions Hollywoodiennes, c’est que cela crée tellement d’options. La vraie passion de ma vie est de travailler sur des films tels que celui-ci. » Il dit être ravi d’être de retour à Cannes. « C’est l’arrière grand-père des festivals de films et c’est la plate-forme idéale pour montrer un film tel que celui-ci ».


Geoffrey Macnab