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Published by Editor
Aug 28, 2001
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En Route pour le Lion d'or

Ce soir débute dans la Cité des Doges, le plus vieux festival de cinéma du monde, et l'un des plus prestigieux : la Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica de Venise. Chaque année, des cinéastes du monde entier viennent ici présenter leurs derniers films et concourir pour le Lion d'Or, l'une des récompenses les plus convoitées de la planète cinématographique. Beaucoup de grands auteurs ont été consacrés ou révélés par ce prix.

Ainsi un Godard ou un Rohmer, jamais palmés à Cannes, ont-ils eu l'honneur du lion (pour Prénom Carmen et Le Rayon Vert) tandis que quelques uns des plus grands cinéastes asiatiques s'y sont révélés. Ces dernières années, des cinéastes comme Hou Hsiao-hsien (La Cité des douleurs), Tsaï Ming-liang (Vive l'Amour !) ou Zhang Yimou (Qiu Ju, une femme chinoise et Pas un de moins) ont été couronnés, succédant à une longue tradition de découverte orientale remontant aux années cinquante, dates où, devant des spectateurs ébahis, Akira Kurosawa et Kenji Mizoguchi recevaient leurs premières récompenses internationales.

La Mostra, c'est donc toute une tradition et les festivaliers seront encore nombreux cette année sur le Lido à la recherche de stars ou de la petite perle à découvrir. Le coup d'envoi sera donné avec le film Dust de Milcho Manchevski, ancien lauréat du Lion (c'était en 1995 avec Before the Rain) tandis que L'amore probabilmente de Giuseppe Bertolucci (le frère de Bernardo) ouvrira la sélection " Cinéma du Présent ".

La compétition internationale verra s'affronter de grosses pointures comme les Français André Téchiné et Philippe Garrel, auxquels on ajoutera l'increvable Ken Loach, l'Israëlien Amos Gitaï de plus en plus impressionnant dans les œuvres qu'il propose, ainsi que Fruit Chan, Joao Botelho, Larry Clarke ou Lucian Pintillie. On n'oubliera pas non plus le dernier film américain d'Alejandro Amenabar The Others avec Nicole Kidman qui s'offre une deuxième grande compétition cette année après son Moulin Rouge cannois. On ne saurait toutefois parier avec assurance sur l'un de ces films, les palmarès vénitiens nous ayant souvent réservé quelques surprises.

Mais l'intérêt du festival ne réside pas seulement dans sa compétition. L'un des événements de la manifestation sera ainsi l'hommage à Eric Rohmer qui viendra proposer son film numérique " révolutionnaire " à tous les sens du terme L'Anglaise et le Duc le 7 septembre, le jour même de la sortie du film en France. On sera également curieux de voir les dernières œuvres de John Carpenter, son très attendu Ghosts of Mars, de Manoel de Oliveira (encore un nouveau film après Je rentre à la maison présenté en mai dernier à Cannes) ou de Youssef Chahine et les cinéphiles auront de quoi alimenter leur boulimie dans toutes les autres sélections d'une richesse telle qu'on peut difficilement les énumérer ici.

Terminons alors par un éclairage sur les rétrospectives et programmes spéciaux, moins médiatiques mais ô combien passionnants avec des hommages cette année à Guy Debord et Andrzej Munk, dont les films sont très rarement visibles. Les films de l'auteur de La Société du spectacle en particulier ont été ignorés depuis des années et seront présentés en copies neuves. Un bel effort qui montre combien la passion du cinéma sous toutes ses formes est vive dans la ville des gondoles.

Yannis Polinacci