Egoyan et Kiarostami de retour à Cannes
Avant la venue de David Cronenberg qui présente demain son film Spider, l’autre grand cinéaste canadien Atom Egoyan était venu présenté, hors compétition, sa nouvelle œuvre, considérée comme sa plus ambitieuse, Ararat qui traite de la mémoire du génocide arménien. Toute l’équipe du film était là pour encadrer le réalisateur à commencer par sa femme, l’actrice Arsinée Khandjan, la jeune comédienne québecquoise du film Marie-Josée Croze et bien sûr le grand Charles Aznavour qui tient le rôle principal du film et que Egoyan admire depuis son enfance.
En compétition, la parole était donnée au Moyen Orient avec Divine Intervention du Palestinien Elia Suleiman, sélectionné pour la première fois en compétition officielle, et Ten de l’Iranien Abbas Kiarostami. Ce dernier avait déclaré il y a deux ans, alors qu’il venait de remporter le Grand Prix du Jury du festival de Venise deux ans après sa Palme d’Or cannoise, ne plus vouloir faire partie d’une compétition et s’était exécuté l’année dernière en montrant son très beau documentaire ABC Africa en séance spéciale. Mais « la tentation était trop forte » et Kiarostami a expliqué qu’il n’avait pu résister aux propositions du festival de faire concourir son nouvel opus Ten, film tourné en numérique et en dix séquences dans une seule et même voiture. Extrêmement minimaliste, le film a toutefois su trouver un public qui l’a applaudi très chaleureusement lors de la projection officielle. Très impressionnant dans l’émotion qu’il suscite, le film pourrait permettre au cinéaste iranien de se trouver une nouvelle fois dans le palmarès d’un grand festival.