Palmarès de la sélection "Un Certain Regard"
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Hier soir dans la salle Debussy, Thierry Frémaux a introduit la séance accompagné peu après de Gilles Jacob, qui a prononcé quelques mots sur cette sélection qu'il a créé en 1978. Peu après, le jury, présidé par le réalisateur argentin Pablo Trapero, était composé de Peter Becker, Maria Bonnevie, Géraldine Pailhas et Moussa Touré. Ils ont annoncé et accueilli sur scène les équipes récompensées.
Prix Un Certain Regard :
Fehér Isten / White God du Hongrois Kornél Mundruzco.
Prix du jury :
Force majeure / Turist de Ruben Östlund.
Prix spécial Un Certain Regard :
The Salt of the Earth de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.
Prix d'ensemble :
Party Girl de Claire Burger, Samuel Theis et Marie Amachoukeli.
Prix du meilleur acteur :
David Gulpilil pour Charlie's Country de l'Australien Rolf de Heer.
Quelques déceptions et incompréhensions vis-à-vis des récompenses pour certains, n'ayant pas vu tous les films nous ne pouvons pas juger des choix du jury, tout cela étant très subjectif.
En revanche, ce que nous pouvons dire c'est que Party Girl aurait peut-être mérité plus : ce film très ancré dans le réel d'une petite ville de l'est de la France est rempli d'émotions, autant le rire que les larmes. L'actrice principale est excellente et aurait pu elle aussi recevoir le prix d'interprétation. Que trois jeunes réalisateurs puissent imaginer cette recherche d'amour d'une femme plus âgée auprès d'un mari ou de ses enfants est tout simplement superbe.
Fehér Isten aurait lui mérité un peu moins. Bien que ce film a des qualités certaines, dont l'originalité, tourné avec des chiens n'est pas chose aisée. Et justement, la mise en scène s'en ressent par moment, notamment lors des scènes de combats de chiens. Aussi, le propos n'est pas forcément très subtil, toutes les catégories de personnes qui sont traitées "comme des chiens" dans nos sociétés sont ici représentées par des chiens, des "batards"... Ce propos est même énoncé très explicitement. Heureusement, le film est parsemé d'autodérision, reprenant les codes des thrillers ou films à suspense, filmant les pattes des chiens suivant discrètement leur proie, par exemple.
Celui qui était attendu avec beaucoup d'enthousiasme et qui a injustement soulevé de nombreuses mauvaises critiques : Lost River de Ryan Gosling. Toutes les critiques sont justes, le film est emprunt de la photographie de Nicolas Winding Refn (Gosling a joué dans deux de ses films), le grain rappel Derek Cianfrance (Gosling a joué dans deux de ses films), l'atmosphère rappelle David Lynch... Toutes ces références sont utilisées dans des critiques, insistant sur le fait que Gosling n'a rien inventé. Mais Gosling présentait et assumait complétement ses références lors d'interview ou dans le dossier de presse. La seule chose que l'on pourrait lui reprocher c'est peut-être d'avoir voulu placer de belles images, de belles idées et de les avoir mélanger dans son film de manière un peu décousue. Alors oui, il s'est inspiré mais quel film n'est pas inspiré... le film aurait sans doute séduit plus s'il avait été réalisé sous un nom inconnu... dommage.