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Published by Croisette
May 19, 2007
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« Le Bannissement » d’Andreï Zviaguintsev

Quatre ans après avoir remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise avec Le Retour, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev débarque pour la première fois à Cannes en venant y présenter en Compétition son deuxième long-métrage, Le Bannissement. Ce drame, librement adapté de la nouvelle de William Saroyan, Matière à Rire, nous raconte comment l’annonce d’une naissance suffit à faire imploser une famille. Le cinéaste retrouve pour l’occasion Konstantin Lavronenko, qui incarnait le père dans Le Retour.

Interrogé sur le succès critique de son premier film, couvert de prix à travers le monde, et la pression qui s’exerce aujourd’hui sur lui avec Le Bannissement, le réalisateur affiche sérénité et détachement : « Le syndrome du deuxième film est un mythe et il faut s’en débarrasser. La seule chose qui puisse te rendre justice est ce que tu fais, c’est-à-dire le film. C’est très exactement pour cette raison que le film est un but – et non un moyen de prouver quelque chose. »

 

Conférence de presse: 

 

A l'occasion de la présentation en Compétition du long métrage Le Bannissement, une partie de l'équipe du film était réunie pour se prêter au jeu des questions-réponses avec les journalistes lors d'une conférence de presse. Etaient présents : le réalisateur Andreï Zviaguintsev, les acteurs Konstantin Lavronenko et Maria Bonnevie, et le producteur Dimitri Lesnevski. Extraits choisis.

Andreï Zviaguintsev à propos de Maria Bonnevie : « Maria est une actrice magique, extraordinaire. Je l’ai découverte en voyant le film Dina, où elle avait pour partenaire Gérard Depardieu. Je n’ai jamais pu oublier ce visage qui est apparu sur l’écran. »

Maria Bonnevie à propos de son rôle : « C’était un rôle des plus difficiles. Je devais parler russe, une langue que je ne connais pas. Mais j’ai été aidée par une traductrice, Kristina, qui est depuis devenue une amie. En outre, je devais contenir toutes mes émotions et intérioriser au maximum. A bien des égards, ce rôle était un défi, mais un défi agréable à relever. »

Andreï Zviaguintsev sur la place de la réalité au cinéma : « Au cinéma, la réalité est tellement présente qu’il est difficile de s’en détacher. Mais il faut y parvenir pour accéder à un autre niveau de réalité, un niveau supérieur. Lorsque vous réalisez un film, vous devez créer un monde, être capable de rendre visible l’invisible, ce qui est une tâche d’une grande complexité. »

Andreï Zviaguintsev sur le contraste entre la grande beauté formelle du film et son sujet très noir : « Je ne vois aucun problème dans ce contraste. Le film est avant tout une réalité recréée, quasi onirique. Et, pour moi, un rêve se doit d’être beau, entier et harmonieux. »

Andreï Zviaguintsev sur les cinéastes qui l’ont influencé : « Le Sacrifice est mon film préféré. On me parle souvent de Tarkovski et de son influence sur mon cinéma. Si ses films ont pu avoir une influence sur moi, ce n’est pas de façon consciente. J’aime aussi Antonioni. »